Nymphéas, l'abstraction américaine et le dernier Monet au Musée de l'Orangerie

 

 

Musée de l’Orangerie

Jusqu’au 20 Août 2018

 

J’ai, il y a quelques temps, écrit tout le bien que je pense des Nymphéas et, justement, l’importance de cette œuvre à la fois en tant que « grand livre de la pensée de Monet » et « pierre angulaire de la peinture contemporaine ».

 

Pour lire les commentaires sur les Nymphéas il faut suivre ces liens:

 

1- Monet, Nymphéas, 1 , Désirs

2- Les Nymphéas: la fin des miroirs.

3- La fin des miroirs (suite)

 

L’exposition qui est donnée au musée de l’Orangerie qu’on a qualifié de « Chapelle Sixtine de l’Art Moderne » (André Masson) fait partie des propositions intelligentes. Très intelligentes, même. Enfin ! Une exposition qui met les points sur quelques « i » et expose directement ce que Monet a représenté pour les grands artistes qui ont « fait » l’art contemporain. Enfin ! Une exposition qui, sur le lieu même de la conservation et de l’exposition d’une des œuvres les plus fondatrices du XXème siècle, montre jusqu’où son influence s’est répandue. 

 

Monet a patiemment « déconstruit » l’art tel que le Renaissance l’avait inventé. Il a anéanti les contraintes, les codes et les obligations que les inventeurs de « l’obligation perspective » avaient posé pour un demi-millénaire. Il a ensuite « cassé » les fausses évidences du haut et du bas, de la forme et de la représentation. Les Nymphéas, c’est le temps réinventé, la surface qui s’efface, le ciel à portée de main et les lourdeurs fangeuses des étangs qui débordent sur le ciel. Tout est mélangé et tout devient plus clair.

 

C’est de ce renouveau du « voir » que les jeunes artistes, le plus souvent américains, se sont emparés. La leçon a été bien apprise : entre le jaillissement des drippings de Pollock, les éclatements de couleurs et de lumière de Joan Mitchell et de Sam Francis, tous les possibles ouverts par Monet explosent les conventions. L’impressionnisme devient abstrait poussant au plus loin le réalisme impressionniste du maître français.

 

L’exposition montre ce que Mark Rothko, Morris Louis, Clyfford  Still, Ellsworth Kelly, Philip Guston, Helen Frankenthaler, Mark Tobey et Riopelle doivent à Monet, preuves à l’appui : des œuvres de première qualité. Cette exposition est une rencontre et une démonstration. Les grands artistes américains semblent avoir été invités à une célébration. Ils ont apporté leurs œuvres en témoignage de la vigueur du message de l’artiste français.

 

L’étonnement sera toujours de relever que les vrais descendants de Monet n’auront pas été français. Ils s’écarteront de celui qu’ils voyaient comme un vieillard radoteur. Ils ne manquaient pas de reconnaître combien son rôle avait été important et comme on pouvait dire qu’il y avait « un avant » et un « après » Monet. On ne lui refusait pas ce rôle historique. On savait dire qu’avec Monet, Gauguin, Cézanne, la peinture française avait réinventé le regard. De nouveaux mondes que personne n’avait vus avaient surgi de leurs pensées. Ils les découvraient au moment même où ils les façonnaient, peignaient, dessinaient.

 

Cela ne suffit pas cependant à donner toute son importance à Monet. Celui-là a bien été, comme ses « collègues », un découvreur du nouveau monde. Mais, il a fait davantage : si, comme Christophe Colomb, il ne savait qu’il avait découvert un nouveau continent, il est certain qu’il avait eu conscience que quelque chose d’étonnant était en train de se produire. Les « nymphéas » porteront son discours et sa vision pour les temps à venir. Il a été étonnamment entendu. Il l’est encore.

 

Il faut regarder la façon de certains peintres d’aujourd’hui : Kieffer, Per Kirkeby par exemple, sont des suiveurs de Monet par leurs façons de renverser les vieux codes, par un réalisme abstrait. 

Monet

Joan Mitchell

Pollock

Riopelle

Sam Francis

Tobey


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