Zébrures par Francis Giacobetti

Le charme serait-il revenu ? De nouveaux regards seraient-ils possibles ?


Au hasard de tribulations en direction de l’orangerie, pour l’exposition Soutine et de retour, quelques moments de charme et le charme d’une découverte.


Susumu Shingu aux Tuileries : Le charme tout d’abord : Sinfonietta of Light, 2012 que vous trouverez en suivant ce lien

Et puis, une découverte (pour moi, évidemment ! Les Autres j’en suis sûr connaissent déjà) :  Zebra de Francis Giacobetti à la Galerie Matignon.


Les effets de persiennes sur des corps (déshabillés) de femmes sont légions. Avec plus ou moins de finesse, avec plus ou moins de voiles vaporeux pour souligner que la photo a dû être prise dans le Midi (de la France). On y verra, magnifiée par une bande blanche, des toisons enchanteresses, ou bien, telles des masques, des bandes noires voileront les regards de femmes sculpturales.


Avenue Matignon, une photo : zébrures de blancs et de noirs sur un corps allongé. L’image est forte. Les Zébrures ne sont pas des effets de persiennes. Le photographe a voulu, resculpter un corps parfait. Lui apporter sa vision de la perfection des corps, user de ce matériau splendide pour bâtir une autre forme, décomposée, abstraite et pourtant bien réelle.


C’est tout un travail de Francis Giacobetti qui est exposé là, autour de la surface, du volume, des courbes et des chairs découpés en bandes blanches et noires, autour de la lumière et de sa capacité à décomposer et reconstruire les corps, les découper et leur redonner un sens plein et entier. Ce ne sont ni des effets stroboscopiques qui donnent au mouvement le rythme saccadé des marionnettes en mouvement, ni des effets de persiennes cachant-révélant le désir, ni des clairs-obscurs binaires opposant masses noires et masses blanches.


Ce sont des sculptures en deux dimensions. Le corps apporte ses courbes, la lumière ses alternances de noir et de blanc. Le corps de la femme est nécessaire et doit être glorifié, pour les courbes qu’il apporte, sa douceur et sa plénitude qui atténue la stridence des bandes zébrées. Jusqu’au moment où, ces zébrures s’appliquent… à l’ombre. Jusqu’au moment où les alternances de noir et de blanc l’emportent sur la forme qui les recueille. Jusqu’au moment, où ce ne sont plus des alternances de bandes mais de morceaux de noirs et des bris de lumière qui viennent s’emboîter en une forme nouvelle, un corps recomposé de bouts de miroirs et d’obscurité profonde.


Je ne savais pas qui était Giacobetti. Discutant sur cette œuvre de noir et de blanc j’ai découvert un talent aux multiples facettes. Parmi ses travaux, l’un, fascinant donne à voir Francis Bacon, peu de temps avant sa mort. Photos de Bacon et photos baconiennes de Bacon, tout ensemble. Passionnant.

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