Vivian Maier aux Douches

 

 

Les Douches la Galerie

5, rue Legouvé 75010 Paris

 

Tout le monde connaît cette drôle d’histoire, d’une assistante maternelle ou nounou, ou gardienne d’enfants qui, durant ses promenades professionnelles ou lors de ses moments de liberté, photographiait, photographiait, photographiait … mais ne développait jamais ce qu’elle avait photographié.

 

En ces temps-là les développements n’étaient pas donnés et Vivian Maier n’avait peut-être pas envie d’investir des centaines de dollars pour voir sur papier ce qu’elle avait voulu saisir avec son appareil. Les pellicules non développées étaient donc rangées proprement dans des boites, numérotées, datées et localisées. Et leur auteur se contentait, une fois le classement fait, de continuer à photographier.

 

Un jour, comme le prince charmant dans les contes de fées, un monsieur se présenta dans une salle de vente aux enchères. Étonné par une malle remplie de négatifs, il décida d’en faire l’acquisition. Ayant développé quelques pellicules il découvrit une belle au bois dormant sous les espèces des images qu’elle avait saisies durant toute sa vie.

 

Le monsieur trouva tant de charme, de justesse et d’actualité à cette production photographique qu’il entonna les trompettes de la renommée et lança la défunte photographe sur le marché de l’art, comme on jette un pavé dans la mare. Une étoile était née et avec elle quelques jolis profits.

 

Pour ce qui me concerne, je ne suis pas trop fasciné par les œuvres de Vivian Maier. La belle histoire racontée plus haut. Ce n'est pas une sorte de réplique de la découverte des manuscrits de la mer morte !!! Ni plus sérieusement, de celle des œuvres d’Henri Darger que j’ai commentée par ailleurs

 

Vivian Maier est-elle un génie méconnu ? Non définitivement non ! Le mystère qui entoure son travail n’en fait pas une artiste exceptionnelle. De nombreux artistes ont, au même moment, été saisi par cette pulsion photographique vers les rues, les villes, les passants, les moments de tous les jours. Ils jouaient à des degrés divers de l’explosion des possibilités photographiques offerts par les nouveaux moyens techniques de la photo, pellicules plus performantes, couleurs mieux fixées, accompagnées de la miniaturisation des appareils, de la simplification de leur mode d’emploi. Libérant le regard, légitimant certains points de vue, faisant du quotidien, de l’instant et du superficiel des sujets dignes d’intérêts, une révolution « picturale » transforma le monde de la photographie. Celui d'amateurs de plus en plus nombreux. Celui de professionnels aux motivations de plus en plus variées.

 

Les photos de Vivian Maier en sont une manifestation lumineuse. On est à l’aube du « tout le monde » peut être un grand artiste !!! Vivian Maier ne le sait pas et sûrement ne s’est jamais prise pour une grande artiste, mais elle incarne parfaitement ce mouvement, qui verra des millions de gens photographier ce qui se passait sous leurs yeux, familles, maisons et petits animaux. Ce qui lui confère une aura particulière c’est sa surprenante attitude à l’égard de sa propre œuvre? Il faudrait aussi rendre compte à part de sa propension à l'autoportrait "indirect": photos du photographe, prises le plus souvent en reflet dans un miroir, une vitrine, un miroir derrière une vitrine, un rétroviseur etc. Elle voulait se voir mais n'allait pas jusqu'au bout, puisqu'elle ne développait pas ses photos. 

 

Au fond, peut-être considérait-elle qu’entre son regard et ce qu’elle avait saisi se trouvait l’espace de la mémoire ? Peut-être imaginait-elle qu’un jour, très tard, elle aiderait ses souvenirs à répondre à ses appels par le moyen de pellicules enfin développées 

 

Une fois ces considérations exposées que peut-on dire de l’œuvre de Vivian Maier ? Rien que du bien ! Mais au sens où rien de mal n’a été fait. Vivian Maier n’a pas voulu faire œuvre. Elle a pris des photos, au gré de ses pérégrinations, au gré de ses envies, on aurait envie de dire au gré de ses pulsions. L’exposition aux « Douches » en offre une belle illustration, en couleur et en noir et blanc.

 

 

Le fil rouge de toutes ces photos, c’est Vivian Maier. Le cours de son œuvre est jalonné d’autoportraits. Est-ce à dire que les photos qu’elle prenait relevait d’un égotisme, léger, faisant de son regard, un scalpel tout autant qu’une pompe aspirante ! En photographiant le monde qui l'entourait, Vivian Maier, montrait le décor au sein duquel son personnage jouait le rôle d'une nounou... 

Enfin, le livre qui vous dit tout sur un Paris qu'on ne veut pas montrer, un Paris méconnu, un Paris retrouvé.

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