Graciela Iturbide

Fondation Cartier pour l’art contemporain 261 Bd Raspail

 

 

L’Amérique du Sud a donné à la photographie des artistes exceptionnels. Souvent mexicains de formation et de culture, le champ de leur travail est complet. Depuis, les portraits au sens strict du terme, les photos « d’architecture » où la matière et les formes sont sublimées jusqu’aux scènes naturelles et sociales.

 

Graciella Iturbide couvre par son travail photographique l’ensemble de ces thèmes de façon classique parfois mais aussi, le plus souvent, magnifiant dans ses photos une dimension tragique. Son travail n’est jamais atteint du voyeurisme trop souvent la marque de photographes en recherche d’émotions fortes ou de manifestations morbides. C’est une œuvre de vérité où l’artiste fait venir à la vue, à la conscience des moments d’humanité sans fard.

 

Je ne connaissais son travail qu’au travers de deux ou trois photos, toujours impressionnantes entre expressionnisme et surréalité.

 

L’une d’entre elle m’a toujours fascinée : image magiquement équilibrée entre un paysage désertique qui parait d’une froideur inhumaine et une femme en premier plan dont on se demande si elle est violence pure, dénonciation ou incarnation. Elle est massive, sculpturale et s’impose au regard comme une sorte de contrepartie de la plaine désertique qu’elle domine et qui s’étale au-dessous d’elle. Part-elle pour un combat où elle serait violence en action aujourd’hui, maintenant, quand le désert qui l’entoure serait violence passive et immémoriale ? Se dirige-t-elle vers les collines noires et hostiles qui s’inscrivent dans le lointain ? Elle irait mener dans ce désert, un combat étrange équipée d’une arme incompréhensible un énorme auto-radio, qu’elle tient à bout de bras, un élément « technologique » complètement anachronique dans un cadre totalement, massivement naturel. S’agit-il d’une arme qu’elle brandirait ? Etrange instrument d’une guerre qu’annoncerait la puissance de sa démarche ?

 

Cette photo est inépuisable tant elle fait émerger de questions : à la fois une scène et une histoire, une menace et un espoir.

 

J’insiste sur cette photo car elle est une magnifique synthèse de l’art que déploie Graciella Iturbide dans quelques lieux fascinants du Mexique, mais aussi, partout où elle a fait émerger des scènes, des gens et des moments.

 

Il faut aussi suivre l’artiste dans ses scènes et mises en scènes où le surréalisme n’est pas loin. Deux photos de scènes mexicaines l’une Prima Comunion montre la « première communion » d’une jeune mexicaine toute de dentelle blanche vêtue dont le visage est dissimulé par un masque en forme de tête de mort !!! et plus loin, dans le même esprit, mexicain, une photo intitulée Jano, personnage qui semble sorti d’un conte mexicain, déguisé et très sérieux, personnage qu’on verrait bien chez Dali, démon ou burlesque.

Des travaux à la beauté formelle se retrouvent partout où elle s’exprime : lavaderos, en Inde, myriades d’oiseaux en Inde et au Mexique, fils électriques aux Etats-Unis, étals de poisson au Mexique, taureau-bicyclette etc

 

 

Juan Manuel Castro Pietro

Galerie VU, Hôtel Paul Delaroche 58 Rue Saint Lazare

 

« figure majeure du monde de la photographie espagnole » comme on dit dans les commentaires sur l’œuvre d’un excellent artiste espagnol, on voudra retenir de cette exposition « l’hispanidad », cette communauté culturel et éthique qui continue à réunir, de part et d’autre de l’Atlantique, l’Espagne et les pays d’Amérique latine espagnole.

Ils ont en commun (voir plus haut, l’exemple de Graciella Iturbide) des thématiques, des procédés, des expressions et une culture très particulier.

La mort est présente comme une compagne non pas fatale, mais naturelle, peut-être plus naturelle encore que la vie. La réalité y est toujours traitée avec une belle dose de doute ou tout au moins de questionnement. La présence de l’homme dans le monde est présentée tout à la fois comme une force et comme la source d’ambiguïtés et d’hésitations.

 

Récemment, l’artiste, bloqué par le covid a décidé de reprendre certains négatifs et de les retirer sur fonds de fines feuilles d’or, donnant au noir et blanc initial, une profondeur nouvelle, comme une nouvelle dimension qui aurait été ajoutée. Spirituelle, mystérieuse, je ne saurai vraiment la qualifier si ce n’est qu’elle offre une lisibilité très particulière.

 

Ophélie parait saisie dans un bain d’or et son visage figée seul demeure visible, et quelques touffes de cheveux. L’or est sombre dans cette mise en scène alors que d’une photo d’arbre émerge baigne dans une clarté irréelle. C’est cette même impression qui ressort d’une grande photographie d’or sombre du Machu Picchu.

 

Comme de nombreux artistes d’inspiration espagnole, on ne sait pas dire si l’inspiration ou l’inclination est surréaliste ou réaliste, si l’artiste fait apparaitre des images ou si, la caméra qu’il utilise s’est servi de lui pour montrer des expressions nouvelles.

 

On a réuni quelques photos pour illustrer nos propos : il faut suivre ce lien.

 

 

 

 


 

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