L'Oeil de Magritte

EJ a beaucoup insisté. Alors, je publie. Avec plaisir.

 

Passionnant Magritte qui convoque les apparences et les oblige à dire le faux. Puis, il referme l'image et laisse les "regardeurs" se débrouiller. Après tout, ils n'avaient qu'à ne pas "regarder". Surtout ceux-là, qui sont venus, spécialement, pour faire face à une pensée de Magritte. A leurs risques et périls. Ils n'avaient qu'à se contenter de regarder en passant. 


Cette peinture est typiquement Magrittienne. Elle est doublement impossible et pourtant Magritte lui donne un air de vérité. "Les yeux sont le miroir de l'âme" laisse-t-il penser et il fait se refléter le ciel dans l'iris où rien ne se reflète, si ce n'est les jeux de lumières qui se jouent de la couleur des yeux. La seule partie de l'œil qui "reflète" notre seule ouverture vers le visible , le cristallin, est ici, noire. Absolument noire. Totalement noire. C'est un cristallin d'aveugle. 

 

«La terre est bleue comme une orange» a dit Eluard, si délicatement. « Les yeux sont bleus ciel comme un néant ». Magritte est une brute. Sans nuance, ni délicatesse. C’est la « ligne claire » en peinture comme en pensée. Les choses sont là pour être dites. C'est là que réside la pensée profonde de Magritte dans l'occurrence de cette œuvre.

  
Nous pensons que les "merveilleux nuages sur fond bleu du ciel", sont là, miroir de nos yeux, clairs et limpides, ouverts sur notre âme. En fait, ils sont là où ils ne peuvent jamais être. Dans cette partie de l'œil qui ne voit pas, mais qui est vu et fait illusion. Le vrai de la vue , la vraie ouverture vers le visible, là où on dit que se trouve la lumière de l'esprit. Là où naissent les étincelles qui allument les regards, là où les tristesses, les désespoirs et la fin de l’Homme se lisent, Magritte a peint le noir, non pas de la nuit, pleine d’étoile et de scintillement. Il a peint le noir. Pur comme un charbon éteint et froid.

 

Comme une âme qui a passé ou une vie qui ne viendra pas.

 

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