Paulo Nozolino Loaded Shine

 

Galeries les filles du Calvaire

17 rue des filles du calvaire, 75003

Jusqu’au 21 avril

 

Étrange clarté obscure. Soleil noir. Cavaliers de l’Apocalypse. Ombre de "M" le Maudit. On trouverait enfin, le chevalier retour de croisade, devant son échiquier ou au seuil de la mort? Toutes ces banalités viennent fatalement (encore une banalité) à l’esprit car Paulo Nozolino est un peintre du sombre. Il aurait pour compagnon le Goya des gravures, pour challenger les noirceurs de Louis Soutter. Il peindrait les doigts en deuil à force de les avoir plongés dans l’encre noir.

 

Peut-on en appeler à des photographes. Assez peu, à y bien réfléchir, à moins de mobiliser Cartier-Bresson et d’invoquer ce qui les oppose, l’un serait de la lumière, l’autre de la nuit, chacun s’étonnant de ce qu’il y à voir, chacun s’efforçant de faire venir à la vue, malgré le trop de lumière, malgré le trop de nuit.

Les photos exposées dans la galerie « les filles du Calvaire » sont splendides. Elles disent tout ce que je viens d’essayer de formuler. Elles viennent de l’autre monde : celui qui est dans l’ombre, celui qui fuit la lumière.

 

Dans la nuit, le moindre rai de lumière importe. Il fait émerger quelques formes et les contraint à parler. Il les trahit aussi et leur fait dire des choses auxquelles elles n’auraient pas pensé. Un amoncellement de poutres dessine une croix. Hasards du regard que l’ombre et la lumière informent et trompent. En vrai, le photographe a-t-il poussé ces poutres à devenir trompeuses ou bien, par un miracle du regard, une vraie croix attendait qu’on la reconnaisse pour revivre à nouveau. Le photographe serait un démiurge et son appareil l’instrument de l’exorcisme : la croix est délivrée de sa gangue de poutres.

 

Magie des lieux abandonnés. Domus aurea de Néron enfouie pour qu’on oublie à jamais le mauvais empereur. Il resterait une statue abandonnée qui, dans son affolement, n’a pas pensé à quitter les lieux, et demeure en place malgré les ordures accumulées. Elle est réfugiée dans un coin et a un geste de recul. Comment le photographe peut-il, extrayant cette forme étrange à peine discernable au milieu de restes et de choses défoncés, faire naître des souvenirs d’histoires qui ne sont jamais arrivées. En regardant cette photo, une expression anglaise tournoyait devant mes yeux : "owl and dove" ( hibou et colombe) le pendant du fameux "chien et loup", mais ici plus approprié, car aérien.

 

A peindre en noir provoque-t-on, sans le vouloir, d’inconscientes rencontres. Devant ce qui pourrait être un écran de télévision perdu sur un mur et raccordé à des câbles démesurés et des fils qui pendent, j’ai rêvé à un cyclope qu’on aurait épinglé sur un mur comme on le fait avec les coléoptères et les papillons et qui me regarderait de son œil aveugle.

 

Parmi les photos exposées, il en est une, si noire… ou plutôt, si bien composée de noirs que j’ai cru voir apparaître une œuvre de Soulages. Une autre, m’a fait plonger dans un des enfers de la police stalinienne. Les formats sont importants. Pas possible de s’échapper. Les œuvres s’imposent, pas d’intimité : elles vous tiennent à distance. A vous d’y penser.

 

Art du sombre, des choses qui se délitent, des rencontres avec des ombres, l’art de Paulo Nozolino est remarquablement abouti, maîtrisé. Pas de grandiloquences, pas de complaisances, pas de messages trop appuyés. Ses photos ne sont pas des propositions, ni le résultat de méditations sur le monde. Ce sont des questions qu’il envoie aux regardeurs : à eux d’en trouver les termes, à eux de chercher la solution.

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