Au Luxembourg: Les Nabis et le décor

 

Voici une très belle exposition dans l’esprit, révisez vos classiques, remettez les chronologies dans le bon sens, allez directement aux sources de la peinture moderne (la vraie peinture, pas les barbouillages américains).

 

Les Nabis, un mouvement ou un événement ? J’opterai pour le second : de fait, si Vuillard et Bonnard en font légitimement partie, leur évolution sur de longues années, en font des peintres à part, d’une importance considérable, achevant la révolution engagée par Monet et transformant petit à petit la surface du tableau. Ils ont part touches successives rendus définitives les conquêtes de Monet, laissant de côté l’excuse naturaliste des eaux mêlées de nénuphars où l’on ne sait si ce qui est peint et au-dessus de nos têtes ou au-dessous de la surface des eaux. Ils ont sonné définitivement le glas de la perspective conquête à demi-millénaire et restitué à la surface du tableau, une planéité sans artifices. Ils ont instauré le règne de la touche qui subdivise les unités de cette surface sans relief, et à force de poser les touches les unes à côté des autres sans idée de prévalence ou d’antériorité, ils ont réinventé l’objet du tableau. Ils en ont écarté le sujet, tout en continuant à titrer pour que les regardeurs ne soient pas définitivement perdus, le tableau est devenu le sujet et l’objet de la peinture a été rendu à sa mission initiale, donner à voir ce qu’on ne voit pas.

 

Bien différent d’un Sérusier ou d’un Denis, qui ont trouvé dans les japonais la légitimité de leurs recherches sur l’espace et sa représentation. Cherchaient-ils à se convaincre qu’ils n’avaient pas tort ? Cherchaient-ils à annoncer que s’en était fini des découvertes italiennes et que les peuples outre-mer avaient trouvé des solutions originales pour soutenir toute représentation ? Les débats font toujours rage : on sait que pour beaucoup de critiques vaincre les pesanteurs du passé et convaincre les indécis ne se peuvent sans recourir à la « sagesse » des autres. On aime, dans le monde des idées, mobiliser les idées de gens qui ne se sont jamais mobilisés que pour eux-mêmes ! Peu importe, l’exposition fait montre du très beau travail de Maurice Denis, de la découverte de ses aplats, de ses couleurs franches et ses rapports si étroits avec Gauguin.

 

L’exposition a pour titre second : le décor et la décoration. De fait nombre des œuvres exposées ont été pensées pour être des paravents, des décors muraux, des papiers peints. Les Nabis, comme les artistes de la Sécession autrichienne se réclamaient d’un art total dans la lignée du fameux mouvement anglais « art and craft ». Sont montrées des œuvres  qui n’ont pas pour motivation la recherche du moment exceptionnel, du tableau qui fera date, de la sculpture conquérante. Beaucoup d’innovation picturale sont aussi venues des contraintes de la « décoration ». Simplicité de la touche ou du coup de ciseau, lumière et couleur immédiatement compréhensibles donnent aux œuvres exposées une dimension nouvelle et réduisent la domination de la peinture de chevalet.

 

 

Très belle exposition à voir et revoir.

 

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