Youssef Nabil, à la Maison Européenne de la Photographie

Maison Européenne de la photographie

Youssef Nabil jusqu’au 25 mars 2012


La tradition de la photo colorisée au service d’un grand talent.


C’est une photographie très gaie et très théâtrale qu’expose la MEP. Qui mérite qu’on vienne et revienne la voir et l’apprécier. Discrète, même quand elle prend Catherine Deneuve, comme sujet, douce même lorsque les verres que tiennent quelques jolies femmes très orientalisées sont emplis de rouge, cocktails, vins à la couleur rubis ou grenadine tout simplement.

 

Ce photographe d’origine Egyptienne, renvoie à la photo africaine, colorisée, mais aussi aux couleurs pastels de certains films populaires ou, plus simplement, aux couleurs passées et affadies de ces films des années cinquante, séries populaires américaines, en noir et blanc initialement.


La série de photographie de marins yéménites est dans la grande tradition de la photographie d’inspiration traditionnelle. Une exposition de la photographie albanaise avait donné à voir aussi de ces hommes qui investissent leur rôle et abolissent leur personnalité pour ne montrer que des personnages. Des gens officiels dont seule compte l’image sociale. Youssef Nabil, les montre, vêtus et cravatés comme pour un mariage ou une visite à rendre à l’Autorité.


Une série de portraits de grand format, où Catherine Deneuve trône, majestueuse, est frappant d’hiératisme et d’éternité. Le bleu en fond, uniforme, couleur simple, qui gomme tout superflu, tout détail qui n’appartient pas aux modèles, supprime profondeur, relief ou perspective et met à plat l’image. La vie vient aux personnages photographiés par le contraste que créent avec ce bleu intemporel, les voiles noirs et  les mantilles qui les encadrent et poussent au devant du cadre, visages limpides et  bustes à la Castillane.


On pense à un « anti-Pierre et Gilles ». Youssef Nabil  aurait tranché pour la simplicité y compris dans quelques scènes égyptiennes qu’on dirait tout droit tirée d’un film hollywoodien.  Il aurait effacé tout détail superflu,  tout excès. C’est une photo « anti-baroque », les couleurs ne sont pas là pour sauter à la figure du spectateur. Ce sont des notations. Les rouges ne sont intenses que dans les verres. Et cette intensité est bien sous contrôle. Les bleus ne sont ni profonds, ni lumineux. Ils sont bleu ciel. Peut-être parce que le ciel est un fond de photo qui convient à Youssef Nabil. Un ciel bleu, couleur de « ciel » !


Le parti pris est celui de la délicatesse et de la discrétion. De l’élégance surtout.

 

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