Zao Wou ki, au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

 

Jusqu’au 6 janvier 2019

 

Comme l’indique l’introduction à cette exposition, ce n’est pas une rétrospective. Mais, il faut bien admettre que la période couverte, à partir du début des années 60 (de l’autre siècle) et le nombre d’œuvres présentées, sont bien représentatifs du travail de l’artiste chinois.

 

Donc, peu ou prou, sur ladite période soit un peu plus d’un demi-siècle, Zao Wou-ki, est lui-même, peintre abstrait, où la matière s’associe à la gestuelle, où l’abstraction se défait de tout lyrisme et se maintient sévère, où se voient quelques influences françaises mais surtout où, par l’ampleur des toiles, se trahit l’influence américaine.

 

Je ne devrais pas commenter cette exposition m’ayant fait devoir de ne jamais dire du mal d’un artiste : la critique est vraiment facile et l’art est terriblement difficile. Une exception cependant : les artistes installés, ceux qui ont eu les honneurs de la critique et surtout de la critique internationale, ceux qui ont eu la chance d’attirer à eux les « intellectuels français », ceux-là méritent qu’on les critique. Ils ne risquent plus rien. Les gens qui s’exposent dans ce genre d’affaire ce sont, pour une fois, les critiques. Ceux-là qui s’apprêtent à dire que Zao Wou KI, ce n’est pas mal mais, franchement ça ne va pas plus loin que « pas mal », ceux-là risquent leur peau, un peu comme le type qui oserait dire que l’attitude des Israéliens à l’égard de la Palestine est un scandale….

 

Donc Zao Wou KI…

Ma vision de son travail se décompose en deux axes :

Le premier, qui est à tout prendre le plus inintéressant, est celui du faire. Voilà indéniablement un homme qui sait s’y prendre avec les pinceaux, la peinture, l’encre de chine etc. On dit qu’il a une façon qu’il s’est bien gardé de révéler. On dit qu’il associe couleurs et matières comme un alchimiste dans son laboratoire. On dit qu’il y a de la colle et du plâtre parfois, pas trop d’herbes hautes ou de bitumes. Il reste classique en ce sens.

On dit aussi, qu’il doit beaucoup à l’art de la calligraphie et qu’il a su le dépasser pour aller vers des sentences plus musicales que picturales.

Tout ceci est très possible, mais cela nous conduit vers ce qui n’est pas le plus important dans l’œuvre d’art : sa construction, les états psychologiques de l’auteur, sa formation, sa double culture etc  tout ce qui indéniablement font de l’homme un personnage intéressant mais qui n’ajoutent pas grand-chose à son œuvre.

 

Le second est relatif au sens de son œuvre. Je ne sais pas qui a eu l’étonnante pulsion de comparer Zao Wou KI à Rothko, à Monet ou à quelques auteurs américains, et parmi eux quelques-uns actuellement montrés à l’Orangerie des Tuileries. Il me parait que l’énorme différence entre tous ces créateurs et le Chinois tient à ce que celui-ci ferme tout et crée un obstacle qui bloque le regard du regardeur quand les autres, au contraire, se font « passeurs ». Dans la peinture de Zao Wou Ki, il n’y a pas de « beyond ». Alice-regardeur est coincée. Elle ne peut pas aller au-delà d’elle-même vers l’autre côté du miroir.

 

Les couleurs, les formes (informes), les traces que posent Zao Wou Ki sur sa toile sont autant de montagnes, de voiles obscurs, de vallées désertées. On ne peut pas aller plus loin. Le regardeur se voit intimer de ne pas aller chercher quelque chose « ailleurs ». Il doit s’en tenir à la peinture qu’il regarde et s’abstenir de penser que celle-ci ne veut rien représenter qu’elle-même au moment où on la contemple. Même quand on ressent la présence d’un ciel nuageux, il n’est pas certain qu’on pourra aller « au-delà » et se porter vers un rève baudelairien : » J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages! ». Les merveilleux nuages ne bougent pas chez Zao Wou Ki.

 

 

Parfois, il y aurait évasion : une peinture en hommage à Monet, par exemple, bien pâle stimulation au départ. On l’a dit, le peintre ne se présente comme un passeur, mais davantage comme un montreur. Peut-être la calligraphie poussée trop loin en tant qu’art finit par empêcher le sens émerger des formes ? La calligraphie est un art hors du temps et de son déroulement. L’art de Zao Wou Ki est un art du permanent, de l’intemporel, de l’immobilité. C’est en ce sens que je le ressens comme l’expression d’une fermeture, d’un enfermement. 

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