Kabuki

Kabuki.

 



A la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent jusqu'au 13 juillet. 

 


Je ne connaissais pas le Kabuki, théâtre traditionnel japonais créé au XVIIe siècle lit-on dans les opuscules. Le rôle des femmes est tenu par des hommes (alors qu’il paraitrait que ce genre théâtral fût créé par des femmes).  

 

Pourquoi évoquer le Kabuki? A cause d’une exposition à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent.


Cette Fondation montre en général des œuvres ou des artistes exceptionnels. L’exposition sur le Kabuki est exceptionnelle. Uniquement des costumes de scène. Encore utilisés et pour la plupart contemporains. Donc, dessinés et taillés pour notre temps, plus exactement pour le temps d’aujourd’hui qui voit jouer encore ce théâtre d’hier comme il était joué… autrefois.


L’art du Kabuki  est aussi l’art de sa mise en scène, l’art du jeu des artistes, celui de l’expression corporelle. Il faut y inclure l’art de grimer et de dire des textes soit en les outrant, soit en s’en jouant. Il faut aussi ajouter que ces arts ont été codifiés et que toute finesse bienvenue ici consiste à bien dire, faire, illustrer et jouer selon les codes.


L’exposition est splendide : costumes de traîtres, costumes de héros heureux, costumes à décor de serpents ou de méduse, de fleurs en soie ou de clairs de lune en argent. Chaque costume annonce et énonce un rôle, un personnage, ses forces, ses faiblesses, son rôle dans la pièce. Bien sûr, il est dans le théâtre occidental, la comedia del arte ou ses dérives dans le cirque, des personnages livrés aux spectateurs sous des  bannières et des costumes facilement identifiables. Pantoleone, Arlequin, Pierrot, Monsieur Loyal, Guignol, le Grand Amoureux ou la Ganache obtuse. Ils sont toujours ridicules. Ils sont toujours simplistes. Les costumes qu’ils portent sont à l’image des personnages. Simplistes, simples et le plus souvent relâchés. L’art du costume Kabuki est très exactement inverse.

 

Costumes de cour à grande manches et costumes de cérémonie, vétéments "à complication"; Kimono presque noir à décor de pivoine, ou costume à motifs du nouvel an japonais, pin du seuil et corde décorative, Kimono à décor de dragon dans les nuages... Kimono simple à décor d'hirondelle et puis ceux qui parlent, qui portent des sentences, ceux qui sont recouverts d'une calligraphie savante.


Faudrait-il  comparer ces costumes à quelque armure où le corps est à la fois protégé et dans le même mouvement structuré, glorifié, annoncé ? Dépersonnalisant l’homme qui va se battre pour lui conférer la personnalité extrême du combattant par excellence. Le costume kabuki dans la perfection de son dessin, dans la structure qu’il adopte, selon les matériaux, rigides ou souples, fragiles ou solides comme une cotte de maille, est un personnage tout autant que le personnage qui en est revêtu. Il joue un rôle à part entière.


Pour illustrer le rôle du costume, quelques vidéos de théâtre Kabuki sont montrées. Les costumes de scène y sont en mouvement et jouant leurs rôles, suivant des codes, accompagnant des mimiques ritualisées, soulignant de longs phrasés emphatiques.


Voir absolument cette exposition d’art contemporain magnifiquement mise en scène.

 

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