Gérard Manset, Journées ensoleillées

Gérard Manset

Photographe, aussi. Exposition jusqu’au 19 mai.

Journées ensoleillées

Vu’, La Galerie

 

 

Pourquoi, « journées ensoleillées » ? Il y a quelques nuits qui sont exposées et des chambres d’hôtel. Et des bâtiments détruits où le soleil n’entre plus. Trop d’ouvertures ? Il n’arrive pas à choisir ?

Pourquoi, « journées ensoleillées « ? Parce que ce serait une mauvaise traduction ? Dans le texte ça devait être « Sunny Journey » ? Non, finalement, je ne crois pas que le  texte original était en Anglais.


« Journées ensoleillées » parce qu’il s’agit de photos prises pendant des voyages. Gérard Manset aime voyager. Il voyage beaucoup. Il aime prendre des photos pendant qu’il voyage. Il prend aussi des dessins. Il dessine et crayonne des photos. Quand la réalité n’a pas été à la hauteur. Quand, il veut ajouter un peu plus de lui dans la photo qu’il a prise. D’autres colorisent leurs photos. A la main. Il en est qui les griffe. Qui surexpose les négatifs. J’en connais même qui font semblant de les oublier dans un coin de leur cuisine ou au fond d’une cave humide et qui, un peu plus tard, beaucoup plus tard, font semblant de les retrouver.

Gérard Manset, griffonne sur ses photos. Souligne, cadre aussi. Parfois, il ne fait rien. La photo vaut pour elle-même.


Photos de voyage vraiment ? J’ai vu plus souvent des photos-sources. Ou des photos-reflets. De ces photos qu’on prend pour tout autre chose que le paysage. Photo prise du ciel, pour photographier un envol, un passage au dessus des terres ? Ou plus sûrement une côte qui se dissout. Pour rêver cet instant où on passe très haut dans le ciel, au-dessus de la terre à peine verdie, grise et ocre, qui se mêle à la mer, dans une lagune et forme avec les flots où le fond affleure, des verts transparents et des bleus fragiles .

On ne pense pas assez que la photo n’est pas seulement un processus consistant à montrer. C’est aussi une façon de rêver ou d’arracher, d’extraire et de récolter des morceaux de soi-même. Des impulsions, des sentiments, des enthousiastes ou des fureurs.


Comment oublier que Gérard Manset écrit et chante ? Comment penser que les photos qu’il prend et ses voyages sont là pour être exposées, sans commune mesure avec ce qu’il veut dire et écrire ? Image de fermeture, cette vue d’une chambre d’hôtel en vert de nuit. Ou Auto-photographie ou solitude nocturne au beau milieu d’une ville inconnue ? Ou image saisie juste à cet instant quand le photographe se saisissait d’une idée ou d’un mot, d’une sonorité ?


Les images chocs qui marquent et frappent sont-ils matières à écritures ou à complaintes ? Derrière les déchirures d’une église à demi-effondrée, le pitoyable d’un décor aboli. Gothique flamboyant dont la flamme s’est épuisée, ne laissant plus que cendres et herbes folles sur une nef ouverte à tous les vents. Détachées sur un ciel blanc pur, les poutrelles de fer rouillé qui faisaient arcs en plein cintre, clefs de voute et croisées d’ogive soutenant des voutes en stuc et des fresques dorées griffent l’air de leurs ruines noirâtres.  


Voyages vers des lieux, rencontres avec des paysages, des villes, bâtiments.

Et cet enfant endormi. Dans un car ? Dans un train ? Comme tout enfant épuisé de sommeil et qui dort n’importe comment. Tête posée là où elle peut. Dans une pose étrange où le sommeil s’est imposé. Corps tendu dans le sommeil. Voyages de toutes les couleurs dans des voitures et des bus de toutes les couleurs.


Carnets de route et carnets de notes. Notes qui s’assembleraient sur les négatifs et formeraient des mélodies. Gérard Manset voyage aussi dans l’instant des sourires, dans les regards cubains et cambodgiens, silhouettes saisies dans l’ombre d’une porte. Gérard Manset photographie le quotidien des tavernes et des restaurants, des hôtels et des voitures américaines multicolores.


Il est bien loin d’être photographe anonyme dans le monde solitaire. Et laisse à penser que ses photos boucleront le parcours par des écrits et des dessins. 

 

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