Le corps Découvert à l'Institut Du Monde Arabe

 

 

 

 

 

« Le corps découvert »  à l'Institut du monde Arabe.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par pure curiosité. Je n’étais pas très convaincu de ce que j’allais y trouver. Le « corps découvert » par des gens qui, culturellement, n’ont jamais trop bien su quelle place il fallait donner à la représentation. Des iconophobes dans la grande tradition. Alors? Le corps! Découvert, peint, sculpté, représenté.  Vraiment : c’est la curiosité qui m’a guidé!

Une bonne nouvelle, cependant : je savais qu’en principe je n’aurais pas à subir la peinture de Bazar, les ombres tamisées et sensuelles des scènes de harem, les grandes charges de cavaleries arabes avec turbans et mousquets, le fatras et les pacotilles de l’orientalisme…

 

Donc, à l’Institut du monde Arabe : l’exposition le « corps découvert ».

 

J’ai compris, en lisant à droite et à gauche que ce n’était pas un projet « innocent ». Le corps représenté et, au surplus, le corps nu, et enfin, le corps nu de la femme, ce sont  toute une série de transgression que même les plus fervents partisans de l’iconophobie byzantine auraient trouvé vénielle.

 

La représentation du réel, puis dans le réel du corps, et enfin du corps nu ,dont celui de la femme, arrive progressivement dans le monde arabe en même temps que la culture occidentale et l’assimilation qui en est faite au Progrès. Ce sont donc surtout des artistes nés aux confins du monde occidental ou de la société occidentalisée qui s’installe progressivement ou des artistes vivant dans des milieux baignés d’occidentalisme qui vont placer un coin entre interdit de la tradition et ouverture vers la modernité. Puis, venant naturellement à l’imitation de leurs professeurs, les « candidats » artistes recevant les leçons des maîtres à Paris, à Londres, Rome ou Berlin, vont découvrir un des « must » de la peinture occidentale : l’étude de nu, la représentation du nu et, précisément, la représentation du nu féminin.

 

Ce processus-là, est logique, simplissime dans son histoire et son déroulement. Les œuvres qui en viennent cependant ne sont souvent que les clones des études d’ateliers. Peindre c’est entrer dans un dialogue avec les artistes. L’art ne nait pas de la nature.

 

L’art de la reproduction physique de cette jeune peinture arabe, qu’elle soit Egyptienne, libanaise, syrienne ou Turque, sera très marqué par les Ecoles, les Classes d’Atelier. Il ne faut donc pas s’étonner que des Courbet, des Manet, Matisse, se retrouvent un demi-siècle et plus, plus tard avec quelques notations arabes. Là n’est pas le plus important.

 

On ira voir cette peinture parce qu’elle est justement ce bel exemple de ce que l’art ne se décrète pas ou ne nait pas de la nature et des beaux sentiments. Il n’y a pas d’art natif comme on peut trouver de l’or natif. L’art est un dialogue avec les sociétés, avec l’art du passé et les artistes qui l’ont illustré.

 

En revanche, il y a un art contemporain arabe, fort, puissant, passionnant. N’en déplaise pourtant à ceux qui l’ont mis en valeur, il est davantage une forme arabe d’un art mondial. Il emprunte au monde de l’art ses visions, ses moyens d’expression et parfois ses thèmes. Il y a pourtant dans cet art arabe, une volonté d’aller « au-delà » qui prend des aspects parfois saisissants.

C’est en particulier la photo qui donne aux artistes arables ces ressources de représentations fortes, en rupture.


Ainsi du travail exceptionnel de Youssef Nabil, qui a fait l’objet d’un texte sur le site. Ses photos coloriées sont des poèmes. Les femmes qu’il dépeint des objets mystérieux et sensuels. A l’opposé, la photo masculine , est très présente sous des formes réalistes ou suggérées, comme celle que livre Mehdi-Georges Lahlou sous la forme d’une remarquable interprétation « à la manière de… » (voire la photo illustrant cet article).


Mystérieuses femmes qui se fondent et s’entremêlent dans de grands voiles translucides, dans les grands formats de Meriem Bouderlala ou femmes dont les burka en dentelles ne dissimulent rien et qui associent l’extrême voilement au dévoilement radical dans l’œuvre de Majhida Khattari.


Il n’y en aurait que pour les photos ?

En fait beaucoup d’autres choses captent l’attention et séduisent, sculptures abstraites ou totems revisités, de l’extrême aussi, (interdit aux enfants), des peintures et des traces sur papier, des coulures dont la peinture allemande serait fière et des couleurs violentes et stridentes, jaunes terreux et larmes de peintures grises et noires.

 

Tout est passionnant.

 

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