Le Néon à la Maison Rouge

La Maison Rouge expose le Néon.

Méon, who’s afraid of red, yellow and blue ?

17 février - 20 mai 2012

 

 

 

 

 

 

Et d’annoncer qu’il s’agit de la « Première grande exposition internationale consacrée au néon dans l’art des années 1940 à nos jours, présentant une centaine d’œuvres historiques ou inédites ».

On a envie de commencer sur un jeu de mot, néant, néon, noé…. Je ne sais.

 

Il est certain qu’il faut y aller. Aller voir. Aller voir quoi. Du néon. Des formes en néon. Du néon de toutes les couleurs. Encore que le néon ne soit pas susceptible de couleurs très nombreuses. Si le Néon n’est pas très nuancé, néanmoins, le néon la nuit nie le néant.

 

Au-delà des jeux de mots, il y a les jeux de lumière. Couleurs rubis, couleurs fluo, jaunes criards, bleus comme l’uranium au fonds des piscines de centrales nucléaires. Parfois du noir et aussi de la vraie couleur « néon », ce blanc bleu des cabinets médicaux, des cliniques et des panneaux indicateurs. Le néon, ce sont les tubes. Comme le dentifrice. Pas de néon sans tube. Pas non plus de néon sans la fée électricité. Ce n’est pas comme la peinture à l’huile ou la gravure sur bois, il faut autre chose que la lumière du soleil et des lampes électriques pour que ça marche. Il faut gicler des électrons dans un tube pour qu’on voie bien tout ce qu’il y a dans le néon.

 

Avec le néon, il y a de la musique. Ce petit ronflement qui l’a toujours distingué de la lampe à incandescence laquelle ne fait du bruit que pour annoncer qu’elle va sauter. Avec le néon, il y a les sautes d’humeur de la lumière. Pas celles qui viennent quand les ampoules à filament ne sont pas régulièrement alimentées, celles qui sont là, naturellement, au démarrage, qui donnent l’impression que le néon prend son élan et qu’il ne s’allume pas comme ça, parce qu’on a appuyé sur le bouton.  La lampe à néon, prend son temps, tressaute, va un peu, vient aussi et paraît réfléchir avant que le gaz ait donné son feu…bleuté, vert, rubis, blanc, nacré. C’est aussi, une évidence : le néon vit. Il sautille, il s’allume et s’éteint, il vibre, il donne même un peu le tournis comme s’il jouait avec les effets stroboscopiques.

 

Le néon serait un art aussi? La lumière est-elle un art ? Optique art ? jeux de lumière, effets d’éclairage, les sons et lumière… mais en fait, toute ces lumières déversées sur des musiques genre classique à Versailles et style Jean-Michel Jarre et Pierre Henry, ailleurs, à la Défense, sur la Tour Eiffel, sont-elles des lumières « objet d’art »? Le néon, lui, peut être un objet d’art si on veut bien se donner la peine de le tordre. Le néon c’est un contenant et un contenu. Il est dans le tube, il est le tube aussi, dedans pour pouvoir être dehors. Il faut d’abord plier la matière, le verre, qui ne se moule ou ne se sculpte que sous les flammes d’un chalumeau à plus de mille degrés.  Il faut cette lumière qui vient des chaleurs extrêmes pour que quelque chose de nouveau émerge et donne de nouvelles formes aux tubes dans laquelle naît et rayonne cette nouvelle lumière qu’on nommera « lumière au néon » ou « néon » tout simplement.

 

Et le néon devient les lettres de la ville, la nuit ou à l’aube, au crépuscule. Il donne vie aux parois aveugles. Il donne sa lumière aux bâtiments tout en haut sur les toits terrasses et offre un champ clos, généreux de couleurs et de formes, pour les poursuites infernales ou pour les rendez-vous d’amour. Même un illettré sait lire « bar de nuit » lorsque c’est écrit en néon rouge. Les enseignes en « croix verte » ne sont pas seulement rassurantes. Elles sont le signe qu’il y a, la nuit, de la vie, qui est là et veille. Le néon dit beaucoup mieux les choses qu’un millier de lampes à incandescence mal barbouillée de rouge ou de toute autre couleur et qui, au surplus ne sont pas fichues de fonctionner correctement ensemble. Requalifié « laser », le néon peut aussi devenir l’arme que tous les enfants ont adopté : l’épée laser des héros de star-wars dont la luminescence doit si peu au laser et tant au tube-néon.  Ecoutez les se croiser ces épées de couleurs dramatiques, elles vibrent du bruit familier des « tubes-néon ».

 

La maison-Rouge s’est efforcé d’accueillir, œuvres en néon, œuvres prétextes du néon dans toutes ses formes, depuis celle de la « réclame » jusqu’à l’installation la plus complexe, en passant par les géométries les plus radicales. Une pure merveille.

 

Faut-il citer des noms d’artistes ? Il faudrait. Ils sont nombreux à être exposés. Il vaut mieux aller voir et y retourner.

 

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