Lola Alvarez Bravo, à la Maison de l'Amerique Latine

 jusqu’au 12 décembre

 

Dommage, l’exposition est quasi terminée !!! Reste une petite journée et demi. Donc, si on n’y avait pas pensé, on peut encore réparer l’oubli. Il faut courir.

Il aurait fallu courir de toutes les façons ! Cette exposition est une merveille. Il faut le dire autrement : cette exposition présente le travail d’une photographe merveilleuse. On essaiera un moment d’oublier qu’elle est l’épouse d’un grand photographe mexicain : Manuel Alvarez Bravo ("dans un article?"; on aura plus de mal à oublier qu’au Mexique avant la seconde guerre mondiale défilent photographes français, américains, ténors du surréalismes, Marxistes célèbres etc.

Si Lola Bravo n’avait pas eu du talent, elle aurait assisté au défilé et serait retournée à ses casseroles ou à ses travaux de broderies… Or, elle a du talent et elle a su attraper tout ce qu’il y avait de bon, d’intéressant et de stimulant dans son monde familial, amical et professionnel.

Cela donne tout d’abord, une exceptionnelle maîtrise du cadrage, de la mise en page et une conception quasi sculpturale des jeux d’ombres et de lumière, des masses de blanc et de noirs et de leur équilibrage. Cette remarquable sensibilité « architecturale » est mise au service, d’un expressionnisme très contrôlé. On est à des kilomètres de la sensiblerie ou des excès que le Mexique n’a pas manqué de susciter. Les photos sont fortes parce que la vision de la photographe est forte, simple, puissante.

Lola Bravo, donne des titres à ses photos, qui viennent moins expliciter que compléter le propos de l’image et l’installer dans un contexte et dans la perception que l’auteur a de cette image et de ce contexte. Le titre à cet égard n’est pas figé à l’inverse de la photo qui l’est nécessairement et selon la date du tirage, on verra les titres varier, pour une même photo.

Lola Bravo suit des règles de cadrage exigeantes. « Peine de mort » 1943, est fondé sur la puissance d’une masse et d’un regard qui hurle. En répons, a-t-on envie de dire, d’une autre photo, plus ancienne : « près de Zacapoaxtla » 1940, un petit garçon clair vu de dos, se tient dans l’encoignure de la porte d’une église : contraste entre la lumière au dehors et l’obscurité de la nef de l’église. Dans le même esprit de cadrage, fort et expressif, sur le thème de l’attente, de l’extériorité, « le meeting » 1960, jeune femme vue de dos debout dans l’ombre tournée vers une cour ensoleillée.

Masse blanche autour de laquelle s’organise la photo : « la Prière 1941 ». De même que figure qui s’impose au plein centre de la photo « enfant étrange » donne la forme quasiment sculptée d’un enfant assis accroupi sur une plage.

Elle a su jouer avec opportunisme sur des situations que les photographes aiment à recréer ou provoquer : les ombres de grillages qui se portent sur des murs, les sols et sur des personnages. « Dans sa propre prison » 1950.

« Les uns montent, les autres descendent » 1940 est une photo classique d’escalier métallique extérieur à un immeuble, image très inspirée d’un surréalisme tranquille et admirablement composée.

Les exemples pourraient être multipliés en ajoutant collage et supports divers. Ils résumeraient un travail remarquable, prenant et très fort.


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