Martine Frank, à la Fondation Cartier Bresson

Martine Frank

Fondation cartier Bresson

Jusqu’au 10 février 2019

 

 

Très belle exposition à la Fondation Cartier Bresson, rue des Archives.

 

Repensant au travail de cette photographe, je suis revenu, pas tout à fait par hasard, à ce que j’avais écrit du travail de Dorothea Lange. Chez ces deux artistes, on retrouve un véritable objectif esthétique : construire le regard pour faire venir à l’œil des images qu’il ne connaissait pas. On retrouve ce goût pour la construction de l’image, le dosage intelligent et efficace des contrastes et l’élaboration d’une troisième dimension qui s’impose au moyen de prises de vues très réfléchies. On n’avait pas cherché à commenter, ce qui l’a déjà été mille fois, le travail de reportage et de démonstration des réalités sociales et économiques, mais au contraire, on avait voulu aller au-devant d’un véritable travail d’artiste.

 

Présenter ainsi le travail de Martine Frank peut sembler paradoxal puisque épouse du « maître » Cartier Bresson, elle aurait dû céder au fameux instant décisif… S’il est des moments, des instants de sa photographie qui l’exprime, il faut reconnaître qu’il y a beaucoup de travail … dans son travail et qu’il est peu des ses photos qui semblent venir tout droit de quelques secondes volées au monde et à la société.

 

Ses images sont le plus souvent admirablement posées et pensées : vues sur une plage dans le brouillard et à son exact opposé, la vue d’estivants au soleil au bord de la mer. Dans les deux cas l’image est impeccablement construite. Celle qui retrace les activités de sportifs au soleil est la très belle construction d’une profondeur qui abolit l’espace bidimensionnel. Même catégorie d’image, celle qui fait venir à l’esprit du regardeur la symbolique des vagues et du lent déroulement du temps. Image structurée autour d’un espace approfondi et des oppositions entre la blancheur des sièges et l’ombre qui s’avance devant un soleil noir.

 

Martine Frank à le talent de faire parler les choses. Les plus fragiles et légères comme les plus lourdes et massives ; en témoigne deux photos dont l’une prise dans un parc, en hiver, masse noire et inquiétante, qui obstrue la vue et s’impose presque sauvagement. L’autre, est, tout à l’opposé, faite de linges lumineux mis à sécher sur un fil traversant toute une rue. Les chemises semblent chanter au soleil et si elles barrent, elles aussi le paysage, mais il ne s’agit pas de masses hostiles, ce sont de transparences qui laissent espérer qu’il y a vraiment un soleil dont les rayons peuvent faire chanter ce qu’ils caressent.

 

Il ne faudrait pas en déduire que Martine Frank, cherche les jolies images nourries de belles intentions. Elle sait débusquer la violence et le doute, ceux-là qui viennent nier l’espace et qui impose l’instant comme valeur de référence. Deux images illustrent ce propos. L’une, classique, du jeune irlandais qui menace la photographe de son revolver. Il vient, au-devant d’elle. Et par son jeu, anéantit, la vue en arrière-plan. De la même façon que la petite fille, dont le regard et le vêtement semblent interdire qu’on regarde au-delà.

 

On retrouve cette technique de « l’avant plan » dans la photo qui l’exprime de façon très violente avec l’image d’un cheval, renversé, sur une prairie dont le décor au loin est constitué d’une série de cheminées fumantes et noires.

Deux autres images sont emblématiques de la maturation qui précède la prise de vue. Le jeu de la conscience et de la réflexion qui s’associent pour créer d’étranges réalités : image du sentier qui se divise et forme un « V », image du toboggan dont la dégringolade a pour fond un immeuble sculpté d’ombre et de lumière, image enfin de l’enfant dont le saut se découpe, forme sombre sur fond clair, sur le ciel lumineux.

 

 

Oui, vraiment, c’est une très belle exposition. 

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