Max Neumann, œuvres récentes

Bernard Vidal et Nathalie Bertoux exposent Neumann

65 rue de Turenne 75003

jusqu’au 1er Avril

 

noter un précédent article

 

Ce sont des œuvres récentes que Bernard Vidal et Nathalie Bertoux présentent. Bernard suit Max Neumann depuis des années. Ses expositions ont retracé l’évolution de l’artiste Allemand, intense, original, difficilement classable.

 

Parmi les particularités de Max Neumann, l’a-plat. Son œuvre est presque parfaitement bidimensionnelle, pas d’effets de perspectives, pas de reliefs dans le maniement des couleurs. Pas de peinture lourde dont les mouvements et les méandres donneraient à penser que la profondeur est à rechercher dans la matière. Pourtant, son œuvre n’a rien de graphique. Ce ne sont pas des images simples qui s’opposent aux regardeurs. Le temps n’en est pas absent et ce qui parait figé, ne l’est que pour ceux qui arrêtent leur regard à la surface de la toile. Les personnages schématisés, noirs, en silhouettes découpées nettement, ne sont pas des sortes d’obstacles qui seraient opposés aux regardeurs et s’érigeraient en gardiens de secrets insondables. Ils m’ont toujours fait penser à des passeurs. Max Neumann, remplit parfois ces formes noires, d’autres formes, comme s’il fallait indiquer qu’elles sont aussi porteuses d’humanité, comme on sait que dans les têtes, se trouvent, enfoncées, cachées, en attente, des idées, des passions ou des peurs.

Parfois, il associe plusieurs personnages en noir. Comment alors, ne pas se souvenir de ces vers de l’Expiation ?

 

« C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,                                                

Une procession d'ombres sous le ciel noir ».

 

Réunion de juges ou de pénitents. Passeurs réunis pour nous inviter à un grand voyage ?

 

Max Neumann n’avait pas beaucoup de passion pour d’autres couleurs que ce que je qualifierais de « couleurs allemandes » au risque de me faire traiter de germanophobe. Et pourtant, allez donc voir ces artistes allemands jusqu’au fond de leur âme que sont Baselitz, Lupertz, Immendorf, sans parler du plus grand, Kieffer, et vous verrez bien que les jaunes, francs, criards, violents, se combinent aux verts terreux et sombres, aux rouges saignants et provocateurs, aux noirs charbonneux et abyssaux.  Ces couleurs-là, on les trouve associées au noir, couleur préférée de Neumann, pour souligner une tension dramatique, propulser en devant de scène une silhouette noire, posées nettement pour remplir des surfaces délimitées. Les œuvres exposées par Bernard Vidal sont bien dans cette lignée « chromatique ». Mais, évolution ou révolution, ici et là, dans des travaux sur papier mais aussi sur quelques toiles, la couleur se fait plus hésitante, moins marquée et pourtant présente. Ce n’est plus la couleur « message » qui vient participer à un discours austère et sombre, ce serait une couleur en attente, des mélanges incertains, des traces de couleurs entremêlées.

 

Ces couleurs inattendues apportent une dimension différente. Les mélanges hasardeux donneraient le sentiment que le temps vient de s’inviter dans la peinture de Neumann, plus seulement sous son aspect habituel de l’espace entre question et réponse, mais comme un espace entre avant et après, désirs et espoirs.

 

 

En conclusion, une belle exposition, un accrochage intéressant. Un grand peintre. 

Quelques ouvrages de Pascal Ordonneau

Promotion est disponible chez Numeriklivre et dans toutes les librairies "digitales"

Au Pays de l'Eau et des Dieux est disponible chez Jacques Flament Editeur ainsi que

La Désillusion et Le retour de l'Empire allemand. 

"La bataille mondiale des matières premières" et "Les multinationales contre les Etats" sont épuisés. 

S'inscrire 

 chaque semaine "La" newsletter (tous les lundis)

et "Humeur" (tous les jeudis)

 

Il vous suffit de transmettre vos coordonnées "Mel" à l'adresse suivante

pordonneau@orange.fr