Pascal Maître, à la Défense

Pascal Maitre

La Grande Arche de la Défense

 

Magnifique exposition. Trop magnifique ? Photo « XXL ». Trop grandes photos ? Illuminations. Trop de couleurs ?

 

Il est étrange d’avoir envie d’assembler ces traits photographiques et aussitôt de les questionner.

C’est peut-être parce que l’exposition est passionnante et parce qu’elle ne laisse donc pas indifférent !

Plaçons-là dans son contexte. Voici une exposition « aérienne ». Elle est installée tout en haut de la fameuse Grande Arche. Elle est de fait suspendue, installée sur un gigantesque surplomb. Ce serait la plus haute de Paris, à moins d’expositions « suspendues » qui auraient été placées dans la Tour Eiffel ou sur la tour Montparnasse.

 

Pour être placée si haut… murmura-t-on…

On s’en moque finalement, j’ai trouvé pour ma part, que cette exposition dans cet endroit était étonnante, mais fort risquée : le chemin vers la Grande Arche n’est pas compliqué mais le bâtiment est franchement à l’écart des places, rues et boulevards où l’art s’expose.

Donc, nous n’étions pas nombreux, un jour de semaine, à aller voir l’exposition des photos de Pascal Maître à la Défense.

 

Ce sont des photos prises essentiellement dans les endroits où l’humanité souffre. La guerre  y fait des ravages avec son cortège de famines, souffrances et maladies. Par définition, les malheureux, les pauvres, les isolés en sont les premières victimes. Rien n’est beau dans ces parties du monde ravagées par la désolation, les ruines et la famine. La dévastation, les destructions, les massacres touchent sans distinction les gens et les choses, les bâtiments et les animaux. Rien ne peut justifier qu’on insuffle, là, du joli, de l’impressionnant, ni de « l’esthétique ».

Et pourtant…

 

Les photos de Pascal Maître montrent toutes, absolument toutes, une remarquable maîtrise de la couleur, des associations de tonalité, des contrastes entre lumière et ombre, entre couleurs chaudes et froides. Un exemple de cette maîtrise qui frôle la virtuosité, le "temple des vedettes" où se combinent vert, bleu, orangé dans une véritable symphonie de la nuit. A l’opposé, deux photos extraordinaires, la chambre rose, intégralement rose d’une villa de riche, squattée par des miliciens et cette militante artiste performeuse, enduite d’huile de voiture, des boites de conserve en guise de soutien-gorge qui a fait le tour du monde tout en restant à Kinshasa.

 

Enfin, pensons à ce mort dans un linceul de couleurs.

 

Il n’y a pas que la couleur. Pascal Maître montre aussi de très belles photos, structurées autour d’un thème simple. Une femme qui, sous un soleil de plomb, garde un troupeau. Un homme à la figure rehaussée d’ocre et de jaune. Un autre, placé devant un camion surchargé de paquets, sorte de sentinelle ou veilleur d’Argos, à la stature antique, qui est devenu une icône mondiale.

 

Enfin, des architectures déchirées. Il n’est pas de photographe qui n’y soit « allé » de sa ruine, antique ou moderne. Dilection morose, c’est un genre qui existe depuis que la peinture existe. C’est un étrange plaisir que celui de montrer les effondrements, les murs délabrés et troués par les obus, les salles de concert vampirisées. Notre époque aime « le gore ». Pascal Maître a su mettre en valeur, mieux peut-être que d’autres avant lui, des bâtiments en morceaux, égayés d’une burqa mauve, des morceaux de bâtiments qui tiennent par un effet du hasard comme cet escalier en torsade.

 

 

Magnifique exposition! Et si malaise il y a devant d’aussi belles horreurs, qu’on s’en débrouille, l’artiste n’est pas un guide moral. Ce qu’il fait venir à nos yeux, lui-même n’en avait jamais eu conscience avant que de tirer ses images. En peinture, en photo, les grands artistes font émerger des images inconnues. 

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