Ziem ou la rétine chatouillée

Au Petit Palais pour quelques semaines...

"J'ai rêvé le beau"....

Au Petit Palais, pour conserver l’humeur joyeuse et se réchauffer le cœur par un temps d’hiver qui ne sait plus comment s’arrêter.

 

Le Petit Palais est kitschissime et c’est pour ça que je l’aime bien. Il a ce charme fané des belles dames de la fin du XIXéme portraiturées par des peintres officiels, des peintres qui ont des noms de rue à Paris et parfois des noms d’avenue. Tant il est kitschissime qu’il semble s’adonner à l’exposition et la reconnaissance de peintres de la même eau. J’avais raconté l’ineffable et inénarrable Sert. Aujourd’hui, c’est le non moins flamboyant Felix Ziem.

 

Etonnant peintre, doué et extraordinairement habile, capable de faire du Barbizon avec ses amis peintres… de Barbizon. Aquarelliste exceptionnel, accumulant des notes d’un charme inouï. Peintre éclectique. Capable de faire du Venise presque aussi bien que Guardi et Canaletto réunis. Et même habile à lancer l’orientalisme un petit peu avant tout le monde. Capable, quand il en décide ainsi, de faire revivre technique et esthétique d’un Claude Lorrain qui aurait trouvé le temps de bavarder avec Turner. Amoureux de Rembrandt mais pas au point de faire du sombre et de la nuit les couleurs de ses grandes machines.

 

Maitre de la couleur et du champ flouté pour mettre en valeur les premiers plans. Dans ses paysages de mer brumeux qu’une barque finement ciselée traverse sur fonds de Salute ou de Sainte Sophie sa virtuosité se lit de près : voiles blanches en forme de traces vives, le pinceau, ici, dansait, la main virevoltait et délivrait un touché à la Fragonard. Les impressionnistes ont fait de la lumière le moyen et le but ultimes. Ziem en a fait un instrument au service de ses couleurs, de ses paysages et de ses mises en scène. Il est chromo parfois, mais délicatement toujours. Pourtant quand il fait des fleurs il ne fait pas dans la dentelle.

 

Voilà un peintre qui a traversé son siècle intégralement (la peinture peut conserver). Il a été célèbre mais pas trop célébré. Il a beaucoup produit et beaucoup vendu. Donc le Petit Palais a raison de le montrer. Et puis, c’est reposant. Chez ce peintre sympathique le beau est censé surgir parce qu’on a la rétine chatouillée.

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